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Compte CPAS en déficit: Une 1ère depuis 1990!

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de prononcer quelques mots au regard des comptes 2016 du CPAS.

Avant tout, je tiens à souligner la qualité de la confection et de la présentation des comptes.

Le professionnalisme et la rigueur des services du CPAS - dont ceux de ses Directeurs Financier et général sont remarquables. 

Par ailleurs, les résultats budgétaires sont malheureusement INEDITS.

Pour la première fois, ces résultats affichent un MALI, mali de 64.987,40 euros. Il s’agit d’une situation inédite depuis 1990 !

L’inquiétude est d’ailleurs partagée par celles et ceux qui s’investissent en faveur de l’institution et de ses bénéficiaires.

Evidemment, ces mauvais résultats s’expliquent par bon nombre de facteurs dont:

-l’explosion des dépenses en revenus d’intégration (les dépenses étaient d’environ 20.8 millions en 2014 pour ce poste, on en est à près de 26.4 millions en 2016 pour 3104 bénéficiaires du RI – 2777 en 2015), les interventions directes et indirectes en faveur des ménages ont considérablement augmentées…force est de constater que la pauvreté gagne du terrain;

-la surestimation des recettes en provenance du fédérale (les coupes fédérales du Gouvernement MR-NVA au niveau des moyens accordés aux CPAS expliquent en partie ces mauvais résultats) ;

-la faible dotation communale.

En effet, la dotation communale, hors inflation, est quasi inchangée depuis 15 ans ! Concrètement, la dotation s’élevait à 9,878 millions en 2002 et s’élève à 9,773 millions en 2016.

Pire encore, la modification de la dotation intervenue fin 2014 aggrave encore a situation financière du CPAS. La dotation a en effet été revue à la baisse par la Ville et la perte pour le CPAS se chiffre globalement (de façon cumulée jusque 2020) à près de 10.5 millions d’euros.

Pour rappel, le montant de l’intervention par habitant est inférieur à la moyenne des CPAS des grandes villes, et notamment de villes comparables comme Mons (142.52 par habitant à Namur en 2016 contre 149.3 par habitant dans les grandes villes en moyenne)!

Conclusion, la majorité namuroise fait le choix d’investir peu – trop peu - dans les politiques sociales et on sait combien il importe d’accompagner celles et ceux dans le besoin pour réussir le défi majeure  de l’intégration et du « vivre ensemble ».

Le déficit du CPAS s’annonce désormais clairement structurel.

Monsieur le Président du CPAS, les défis qui vous attendent sont nombreux et complexes… Votre tâche est lourde et complexe ! Il va, en outre, falloir convaincre et conscientiser vos partenaires de majorité pour faire de l’action sociale une priorité, priorité qui apparaît d’ailleurs dans votre déclaration de politique.

Déjà, hormis 2015, les 5 dernières années présentaient un résultat positif, seulement grâce aux réserves accumulées dans le passé.

Le budget 2017 risque donc d'être difficile à équilibrer. Il faudra, en effet, repartir du résultat négatif de 2016, assumer l’indexation des salaires et traitements au 1er juillet 2017 (indexation, pour rappel, non prévue dans le budget), assumer encore l’indexation au 1er juin du RIS et faire face aussi à la diminution probable des subsides fédéraux (en lien avec le PIIS notamment).

Bref, les prévisions budgétaires annoncent des années difficiles pour le CPAS.

Pour atteindre l’équilibre, et c’est un impératif, des mesures de gestion s’imposent.

Une majoration des moyens s’avèrent incontournables, nous sollicitons votre majorité pour qu’elle puisse permettre aux CPAS de remplir ses missions et faire face au phénomène de pauvreté.

Sans quoi, nous allons encore affaiblir nos aînés, nos jeunes en difficulté et les familles qui ne savent pas ou qui ne savent plus joindre les deux bouts, parfois même en travaillant.

Nous savons combien il importe d’investir dans les politiques sociales qui soutiennent l’intégration, l’inclusion et qui, inévitablement, participent à la lutte contre la marginalisation, la pauvreté, l’exclusion, parfois même la violence ou la radicalisation. Non, Namur n’est pas à l’abri.

Faire appel à davantage de moyens de la Ville et même – mais ce n’est pas le lieu - de l’autorité fédérale est donc une solution incontournable mais insuffisante.

Cette solution externe ne peut en effet tout résoudre, c’est pourquoi il nous faut aussi repenser nos actions de façon globale et transversale. Il nous faut notamment augmenter les recettes et mieux contrôler les dépenses! Comment ?

-En envisageant un guichet social unique, travaillons ensemble sur un projet concret de rapprochement entre la politique sociale de la Ville et le CPAS. Nous sommes d’ailleurs ravis d’avoir été entendus, enfin, et qu’une Commission conjointe Ville-CPAS soit organisée mercredi prochain.

-En envisageant la gestion de l’abri de nuit par le CPAS, à l’instar d’autres CPAS.

-Surtout, en multipliant les synergies entre le CPAS et la Ville, notamment au niveau des marchés publics, etc.

Ces propositions, nous les exprimons depuis plusieurs années maintenant.

La réalité financière étant à présent ce qu’elle, le temps est compté, il nous faut se retrousser les manches et faire preuve de sérieux, de professionnalisme, de rigueur, de créativité et de proactivité pour que le CPAS de demain soit à la hauteur des besoins de nos concitoyens.

Vous comprendrez que notre Groupe s’abstiendra sur les comptes 2016 du CPAS.

Merci de votre attention.

Eliane TILLIEUX, Cheffe de Groupe