Projet de centre commercial au Square Léopold : où en sommes-nous ? Retour à la liste

Tout le monde se souvient des résultats de la consultation populaire du 8 février 2015 : « 3 fois non » au projet de Centre commercial défendu par la majorité communale cdH/MR/Ecolo.

Force est de constater que tout a été fait à l’envers : la majorité communale a d’abord décidé de céder le Square Léopold à un promoteur pour y construire un complexe de 23.000 m2 de commerces, elle a ensuite consulté les Namurois.es pour finalement ne pas tenir compte de l’avis émis, elle a échoué le processus de conciliation et enfin elle s’essaie à la co-construction par un processus participatif.

Faut-il rappeler que ce projet d’ampleur aura un impact considérable pour la Ville de Namur, son commerce, sa mobilité, son empreinte environnementale et bien-sûr ses habitants ?

4 années plus tard, où en sommes-nous ?

Le 18 février dernier, le Ville de Namur ou plutôt la majorité communale invitait les Namurois.es à une séance d’information à propos de la requalification du quartier Léopold. Il s’agissait d’une restitution publique des résultats de 5 réunions « d’ateliers urbains » étalées sur 9 mois.

Pour animer ce processus de co-construction via des « ateliers urbains » composés de citoyens (riverains), d’élus, d’experts et de représentants de Besix, la Ville de Namur a désigné un organisme indépendant en l’occurrence l’asbl Tr@me.

Lors de cette séance d’information, étaient présents sur la scène de la Bourse : des citoyens-riverains qui ont participé à ces « ateliers urbains » et chargés de restituer les résultats des travaux. Dans la salle : des élus, des experts, la Société Besix… et bien sûr des Namurois.es qui ont répondu à l’invitation.

Au-delà des différents scénarii présentés et des balises suggérées en termes de mobilité douce, d’ambition architecturale, de mixité de fonctions, j’ai eu l’étrange sentiment que le syndrome de Stockholm planait sur cette restitution. Sentiment renforcé par les réponses apportées aux questions de la salle qui ont fusé.

Comparaison n’est pas raison mais deux éléments peuvent faire penser à ce fameux syndrome de Stockholm et c’était perceptible dans la restitution : le développement d’un sentiment de confiance à l’égard des promoteurs et surtout une réfutation des opinions plus critiques voire opposées au projet de requalification. Ce processus de co-construction n’a-t-il dès lors pas atteint ses limites ?

Un « restituteur » a même été jusqu’à justifier l’abattage de tous les arbres du Square au motif qu’ils n’ont probablement plus qu’une quinzaine d’années à vivre.

Qu’a-t-on appris ? A vrai dire, pas grand-chose quant au projet de Centre commercial et des desseins du promoteurs et de la majorité communale. Mais au moins une chose est certaine : les arbres seront abattus.

Une autre chose est certaine, à l’heure où des dizaines de milliers de jeunes se mobilisent toutes les semaines pour sauver le climat et la planète, l’abattage des arbres ne se fera pas dans l’indifférence.