Maisons de repos : un décret consacré à l’aide aux aînés. Retour à la liste

Ce 13 février, un autre dossier important, porté par la Ministre de la Santé et de l’Action sociale, a été voté en séance plénière : le décret consacré à l’aide aux aînés.

Concrètement, il prévoit la création de près de 12.000 places en maisons de repos à l’horizon 2030 pour atteindre un total de 60.000 places, en Wallonie l’instauration d’un prix conventionné et l’inclusion du financement des infrastructures dans le prix de journée.

Je rejoins l’objectif de création de places supplémentaires pour accueillir nos aînés, je conteste néanmoins fermement la philosophie du nouveau décret.

Une des mesures qui me fait bondir, comme certains acteurs du secteur, est l’ouverture du financement au secteur privé commercial. Les infrastructures étaient, jusqu’ici, financées via des subventions directes aux opérateurs publics et associatifs, c’est-à-dire aux institutions qui ne poursuivent pas de but de lucre. Ouvrir la porte au secteur commercial marchand à la recherche de profit sans moyen additionnel revient à appauvrir les missions de services publics garantes de transparence, de qualité et d’accessibilité. La stratégie du MR et du cdH est claire : rendre les structures publiques inopérantes via un sous-investissement pour mieux justifier la privatisation.

Au-delà de cette critique, le report de l’âge d’entrée à 70 ans en lieu et place de 60 ans est également contesté par notre Groupe. Il s’agit d’une aberration, d’ailleurs décriée par le secteur tout entier. Le report de l’âge à 70 ans ne garantit plus un accès aux personnes qui en ont pourtant besoin. En effet, celles et ceux qui entrent en maison de repos plus jeunes le font par nécessité. Imposer un seuil minimum ne va pas changer la santé des aînés de 60 à 69 ans.

Les écueils quant à cette réforme ne s’arrêtent pas là ! En effet, la recherche de la qualité n’est pas traduite par des mesures qui permettent de rencontrer cet objectif et rien n’est prévu pour booster la diversité de l’offre de services, comme les résidences-services sociales, les centres de jour, etc.

Malgré les nombreuses propositions déposées par notre Groupe sous forme d’amendements et les vives critiques exprimées par l’entièreté du secteur, la majorité est passée en force.

Pourtant, le vieillissement de la population est une priorité qui requiert le déploiement d’une politique concertée, sérieuse, respectueuse des besoins comme des attentes des aînés et soutenable en termes de financement.

Nous refusons que tout soit « marchandisé » et nous voulons mettre à l’abri du pouvoir de l’argent ces domaines qui relèvent de missions de services publics, c’est-à-dire de l’intérêt général ou de bien public. La réforme entamée nous emmène dans un système à deux ou trois vitesses où certains services ne seront accessibles qu’aux plus nantis !