A quand plus d’attention à la mobilité dans notre ville capitale ?

Communiqué du PS namurois


Depuis plusieurs années déjà, la mobilité est devenue un enjeu majeur de notre société. Face à la hausse du nombre de déplacements, au recours toujours plus important à l’utilisation de la voiture individuelle, aux inégalités d’accès aux transports en commun, aux enjeux climatiques qui réclament de modifier nos comportements, nous devons dès aujourd’hui repenser notre mobilité et adopter de nouvelles habitudes plus respectueuses de notre société et notre environnement. 

Pour le PS namurois, la mobilité doit devenir une politique prioritaire, dotée de moyens

Namur, à l’instar d’autres villes, n’échappe pas à la règle. Aujourd’hui, traverser notre ville capitale aux heures de pointe est un réel parcours du combattant ; que ce soit pour se rendre au travail, pour rejoindre une réunion ou passer une visite médicale, déposer ses enfants à l’école ou à la crèche. Les travaux et chantiers multiples, non coordonnés, aux quatre coins de notre ville engendrent d’inévitables ralentissements et embouteillages dès lors qu’aucun parcours « bison futé » n’est possible ou même proposé (voir aux alentours du Grognon par exemple). 

Sans compter que nombre d’aménagements urbains ont été réalisés pour décourager voire entraver la circulation automobile (par ex. le boulevard d’Herbatte et la rue de Balart, trop étroite que pour permettre une circulation concomitante dans les 2 sens ou les aménagements récents de la rue du Grand feu à Bouge).

Espérons que le système de transport intelligent - toujours en test et dont l’entrée en vigueur a pris un sérieux retard - apportera une solution pertinente à cette difficulté récurrente. Dans le centre-ville, l’usage de la voiture pourrait être limité si et seulement si les utilisateurs trouvent une solution alternative efficace grâce à des trajets de navettes de bus électriques praticables et fréquentes. Ce n’est pas à l’ordre du jour à Namur, la préférence va au téléphérique dont nous avons très souvent regretté qu’il ne soit pas envisagé comme un réel outil de mobilité.

La mise en œuvre de la zone partagée au cœur de ville qui permet de maintenir la circulation automobile à moins de 20km/h tout en accordant plus d’espace aux piétons est illusoire, elle ne sera lisible et effective pour tous que lorsque les aménagements raisonnables (trottoirs, marquages au sol, etc.) seront réalisés... et non en effaçant les passages pour piétons ! Cela nécessite d’y consacrer rapidement une enveloppe budgétaire suffisante, il faut les moyens de ses ambitions… D’autant plus si l’idée sous-jacente est de pouvoir, à l’avenir, augmenter la surface du piétonnier au cœur de ville. Le PS a toujours soutenu l’extension du piétonnier, initié par le Bourgmestre PS Jean-Louis Close, et dans certaines villes le piétonnier est un véritable atout commercial qui fait vivre une ville. Les exemples sont nombreux, chez nous comme en Flandre ou à l’étranger.

Et le développement d’une mobilité douce, tant de fois annoncée dans les discours mais peu suivie dans les faits, est une réelle nécessité pour l’avenir de notre Ville ! 

Un point positif, c’est la passerelle qui traverse la Meuse et relie Jambes au centre. Nous avons toujours soutenu le projet et souhaitons le souligner ce jour particulièrement : fierté pour le prix accordé à l’Enjambée pour le meilleur projet d’aménagement piéton !

Un manque cruel de parking moins onéreux

Parallèlement à l’aspect déplacement, nous constatons un manque évident de places de parking dans le centre-ville et, pour les parkings payants disponibles, un coût trop élevé pour une utilisation courante. Et ce n’est certainement pas en supprimant le parking des casernes (+- 600 places) que la situation s’améliorera ! Nous savons par ailleurs que des centaines de places de parking ont été supprimées ces dernières années le long des voiries en ville.

Imaginer que les P+R sont la solution est un leurre. Par sa situation géographique inadaptée, le P+R de Bouge par exemple n’est aujourd’hui que très peu fréquenté, à peine une quinzaine de voitures en moyenne par jour, et les 700 places restent désespérément vides… Sans évoquer les embarras de circulation au niveau du carrefour avec la chaussée de Louvain, déjà sujet à de nombreux embouteillages à cet endroit proche d’une école extrêmement fréquentée et de zones de commerces. Le PS namurois a régulièrement répété qu’implanter ce projet de P+R route de Hannut était une alternative réelle, là où la circulation est plus fluide et l’accès à l’autoroute plus direct. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre… A moins que l’emplacement ne réponde à d’autres impératifs. Nous aurions pensé que l’école eut pu bénéficier d’un projet de mobilité en lien avec ce P+R, permettant un lieu spécifique « kiss & ride » et un cheminement doux sécurisé jusqu’à l’établissement pour les élèves et étudiants. Rien en vue à ce jour, malgré les efforts de groupes d’élèves et professeurs engagés dans la recherche de solution et actifs pour tester des modèles nouveaux de déplacement en cette semaine de mobilité.

Créons un réel plan de mobilité « éco-social » pour Namur !  

Face aux enjeux climatiques, nous devons donner la priorité à deux points dans un plan mobilité écologique et accessible à toutes et tous : la mobilité douce et les transports en commun.

La mobilité douce (marche, vélo, trottinette, roller…) doit devenir la priorité dans la réflexion actuelle et les projets futurs d’aménagement de notre territoire. En plus de sécuriser les déplacements des usagers faibles, il faut réaliser les aménagements urbains utiles pour faciliter l’accès et tendre vers leur accessibilité universelle (des pistes cyclables moins dangereuses, une signalisation plus visible et réfléchie, des casses vitesse, trottoirs accessibles à tous, avertir par un marquage au sol les zones 30, renforcer l’éclairage de points stratégiques, entretenir les voiries communales ….). En matière de pistes cyclables, Namur est clairement à la traîne : elles sont parfois dangereuses, non sécurisées, s’arrêtent sans prévenir et débouchent sur… rien ! Il manque d’incitants au niveau de la ville comme des primes à l’achat d’un vélo, du matériel de visibilité, la mise à disposition de vélos électriques pour une certaine durée, le manque de parking vélo sécurisé, … Les villes qui ont des aménagements sécurisés et sympas pour les cyclistes attirent des gens, des promeneurs, des touristes. Le label officiel « bienvenue vélo » pourrait être un projet d’envergure à mener à Namur : des tracés adaptés pour découvrir notre ville et nos villages, l’attribution de ce label pour les logements « cyclistes bienvenus » ?

Nous ne reviendrons pas sur le débat relatif à la construction de la gare des bus au-dessus de la gare des trains, nous pouvons résumer notre vision par une question : en cet espace multimodal, combien de navetteurs de bus empruntent également le train ? En termes de transports en commun, surtout aux heures de pointe scolaire, nous souhaitons une adaptation de l’offre pour éviter de laisser les enfants sur le quai faute de place dans le bus ! Certains bus sont bondés d’étudiant.es à ces heures de grande fréquentation. Notre groupe aimerait également attirer l’attention sur la correspondance entre les différentes lignes de bus et sur les zones desservies par ceux-ci, revues sans concertation avec les riverains et sans fournir aucune information. C’est encore la politique du fait accompli quand une ligne fait l’objet d’une modification. Le service public mérite mieux, les utilisateurs aussi.

La mobilité à Namur est un réel défi vu la configuration historique et géographique de la Ville. Mais le défi n’est pas insurmontable. Une politique de mobilité efficace exige une prise en compte des réalités urbaines et rurales et une souplesse d’adaptation pour coller à l’évolution de la ville et de ses utilisateurs ! La mobilité, ce n’est pas une semaine par an qu’il faut s’en préoccuper, Namur doit être un exemple en tant que capitale de la Wallonie. Même si des efforts sont menés, ils sont loin d’être suffisants. Pour le PS, il est temps, face aux enjeux climatiques et économiques, de poser des actes ambitieux, en lien avec la politique commerciale, touristique, scolaire... Non à l’immobilisme, oui à une mobilité concertée, réfléchie et audacieuse !

Pour le groupe PS Namur, Eliane TILLIEUX Cheffe de file