Crise coronavirus – Plan de relance


Voici mon intervention lors du Conseil communal de Namur du 23 juin 2020


Pendant 3 mois, la crise du coronavirus aura mis nos libertés entre parenthèses. La crise sanitaire et sociale aura bouleversé nos habitudes et mis sous pression notre quotidien. Pour combattre ce virus, le Conseil National de Sécurité n’a eu d’autre choix que la mise en place de mesures strictes de confinement. Ces mesures de protection n’ont pas été sans conséquence. En effet, l’économie de notre pays s’est vue ralentie, voire presque à l’arrêt. Nombre de secteurs économiques ont réduit l’activité à l’essentiel ou ont carrément cessé. Pour assurer la survie de leur entreprise, les employeurs n’ont eu d’autre choix que de recourir au chômage temporaire pour leur personnel, impliquant de facto une perte importante du revenu pour les travailleurs. Alors qu’un allègement des mesures imposées amène à une reprise progressive, certains d’entre nous n’arrivent plus et n’arriveront plus à joindre les deux bouts. La crise aura également mis en exergue les faiblesses de notre société et démontré toute l’importance de secteurs qui jouissent pourtant souvent d’une très faible considération et de très bas salaires. C’est pourquoi il est urgent à chaque niveau de pouvoir et dès aujourd’hui, de repenser notre monde de demain, de réfléchir et de prendre des mesures fortes, des mesures de soutien, des mesures solidaires pour garantir aux citoyens leurs moyens d’existence.

A Namur, le PS propose :

Pouvoir d’achat des Namurois.e.s et soutien à économie locale

  • Lancement d’un chèque commerce. Chaque citoyenne et citoyen namurois, quel que soit son âge, pourrait acheter, au prix de 20€, un chèque commerce d’une valeur de 25€. La différence, soit 5€, serait prise en charge par le budget de la ville pour encourager leur utilisation. Ce chèque serait valable dans tous les commerces namurois. Cette proposition permettrait de réinjecter pas moins de 2 750 000 € dans le circuit local en faveur des commerçants namurois pour un coût limité à charge de la ville (maximum 550 000 €). Un coup de pouce non négligeable. Pour éviter les effets d’aubaine, le nombre de chèques maximum disponibles par ménage serait limité au nombre de personnes qui le composent.

  • Subside accordé aux restaurants et cafés allant de 500 à 5 000 € pour l’aménagement et l’extension des terrasses.

  • Dans la continuité de notre proposition d’extension des terrasses, un subside plafonné à 1 000 € via un prêt de matériel de la Ville pourra être octroyé afin que les différents établissements puissent réaliser cette extension sans puiser dans leurs réserves. La taxe relative aux terrasses devra être exonérée jusque fin de l’année 2020.

  • Gratuité des emplacements pour les commerces ambulants des marchés hebdomadaires et ce, jusqu’au 31 décembre 2020.

  • Gratuité des places de parkings en surface. Afin d’éviter un stationnement abusif. Les emplacements, à l’habitude soumis aux horodateurs, devront passer en zone bleue (disque). Ce système permettra un meilleure rotation des véhicules.

  • Report des travaux non-essentiels impactant les commerçants. La crise du coronavirus a affaibli nombre d’entre eux. Leur infliger des chantiers qui bloqueraient l’accès à leurs activités commerciales serait pour beaucoup un coup de massue supplémentaire.

Plan de mobilité

A l’heure du réchauffement climatique et de la nécessité de modifier nos habitudes par des mesures impactantes pour préserver notre environnement, il est primordial de revoir nos modes de déplacements. La mobilité douce doit devenir la priorité et la Ville de Namur doit investir dans ce domaine. Notamment via l’octroi d’une prime à l’achat d’un vélo ou d’une trottinette électrique qui pourrait s’ajouter à celle octroyée par la Région wallonne. En parallèle, il sera absolument nécessaire de réaliser de nombreux aménagements urbains pour assurer la sécurité des usagers faibles (passages pour piéton ; rambarde de protection ; piste cyclable ; trottoir …).

Sport culture et monde associatif

Mise en place d’un chèque sport et culture. Comme pour le chèque commerce, chaque citoyenne et citoyen namurois pourra acheter un chèque sport et culture d’une valeur de 25 euros aux prix de 20 euros. Celui-ci sera valable dans toutes les associations sportives et culturelles namurois ainsi que pour toutes les activités culturelles et sportives organisées par une association ou un club namurois.

Un fond serait créé afin de permettre aux secteurs sportif et culturel qui ont vu, pour des raisons de confinement, leurs rentrées financières diminuer d’au moins 50%, de pouvoir emprunter à taux 0. Cette opération pourrait être menée avec un partenaire pour organiser et financer l’opération et les coûts engendrés par l’emprunt seraient à charge de la Ville. Le prêt ne pourrait être demandé qu’une seule fois et plafonné à 5 000 €. Le remboursement s’étalerait sur une durée maximale de 24 mois.

Un tel fond devra également être créé pour venir en aide des ASBL namuroises suivant les mêmes conditions.

Emploi

Le coronavirus aura obligé nos instances à prendre des mesures drastiques de fermeture dans de nombreux secteurs. Celles-ci auront eu un impact non négligeable sur l’emploi. Il est indéniable que le nombre de personnes sans emploi va augmenter de manière exceptionnelle, à Namur aussi. Le Covid-19 a mis, met et mettra encore à mal notre marché de l’emploi. Bon nombre d’entreprises vont malheureusement devoir licencier du personnel, voire même mettre la clé sous la porte.

Namur dispose d’un outil spécialisé en termes d’orientation professionnelle et de formation : la Cité des métiers. L’asbl doit mettre les bouchées doubles pour mettre toute son expertise à disposition des personnes en recherche d’une nouvelle voie professionnelle après une perte d’emploi ou une faillite.

Nous proposons par ailleurs que l’administration communale renforce sa politique de recrutement de personnel sous contrat article 60 afin remettre un maximum de personnes sur le marché du travail.

Nouvelle technologie

Avec le confinement, de nouvelles formes de travail et d’apprentissage ont vu le jour. Les écoles étaient fermées mais le contact a pu être maintenu entre les professeurs et les élèves grâce à l’utilisation des nouvelles technologies (mail, vidéoconférence, cours en ligne…). A nouveau, la crise a frappé plus durement les ménages à faibles revenus qui ne disposaient pas toujours du matériel adéquat.

Pour réduire cette fracture numérique, nous proposons la création d’une bourse NTIC pour les élèves issus de familles à revenu modeste afin qu’ils aient les moyens de s’équiper.

Personnel communal

La crise du coronavirus aura démontré toute l’importance des services publics. Ils sont le socle sur lequel s’appuie l’ensemble de notre société. J’espère que ceux qui doutaient encore de leur utilité auront pris conscience de leur importance. Le personnel de la ville et du CPAS, y compris celui des maisons de repos s’est donné sans compter pendant cette période de crise sanitaire pour continuer à offrir aux Namurois le service auquel ils sont en droit de prétendre et en particulier pour venir en aide aux plus fragilisés.

C’est pourquoi nous tenions à rappeler ce que nous avons toujours défendu. A savoir, le remplacement one-one lorsqu’un membre du personnel part à la pension (c’est-à-dire remplacer chaque travailleur par un nouveau travailleur) afin de maintenir l’entière efficacité des services mais aussi notre volonté de statutariser un maximum de membres du personnel de la Ville.

En conclusion, la faculté offerte par la région aux communes de contracter un emprunt de 100 €/habitant pourrait servir à financer des mesures de relance ciblées pour le développement de notre ville, de manière solidaire avec les citoyens les plus touchés par la crise, pour apporter une impulsion positive.