Faut-il déboulonner Léopold II de son socle place Wiertz à Salzinnes ?

Voici l'un des points complémentaires que nous avons souhaité mettre à l'ordre du jour du Conseil communal de Namur du 23 juin 2020.


Monsieur le Bourgmestre, Chers Collègues,


Les récents événements survenus aux Etats-Unis ont suscité une vive émotion partout à travers le monde. La mort de Georges Floyd et Rayshard Brooks suite à des interventions policières violentes atteste à nouveau combien le racisme reste insidieusement et profondément ancré dans notre société.


En Belgique, c’est une partie de notre histoire qui est pointée du doigt. En effet, cette idéologie a été centrale dans le régime colonialiste violent menée par le roi Léopold II à la fin du 19ème siècle. Il n’est dès lors pas incompréhensible que les statues érigées hier en l’honneur de notre souverain puissent être aujourd’hui remises en cause.


Partout en Belgique, le débat sur notre peu glorieux passé colonial fait rage. Des statues sont déboulonnées ou plus simplement deviennent la cible d’actes d’incivilité.


A propos de la statue de Léopold II située place Wiertz à Salzinnes, vous avez fait le choix de maintenir cet héritage et vous vous êtes exprimé publiquement : « Je pense que ça fait partie de notre Histoire et que l’Histoire nous devons l’assumer dans ce qu’elle a de plus glorieux comme, hélas aussi, dans ses parts d’ombre. Le maintien d’une statue qui a été réalisée à l’époque ne signifie pas que l’on cautionne la part d’ombre liée à la colonisation. L’enjeu c’est surtout d’expliquer, de pouvoir remettre dans le contexte et de tirer des enseignements pour le vivre-ensemble d’aujourd’hui ».


Nous partageons votre analyse de la situation. Faire table rase du passé ne va pas renforcer la cohésion de nos sociétés. Il est en effet important d’ouvrir un débat démocratique et académique sur les réalités historiques de notre pays. Nous devons combattre l’ignorance, enseigner l’histoire aux jeunes générations, qu’elles puissent juger et critiquer ce qui doit l’être. Il y a urgence de lutter contre le racisme, la discrimination sur la base de l’origine ou de la couleur de la peau et surtout il importe de raviver le combat pour plus d’égalité.


Dans le courant de l’année 2019, au départ d’une proposition exprimée par une Conseillère de notre groupe, la ville a initié un processus d’introspection sur le passé colonial de la Belgique en coordination avec le secteur associatif et des représentants de la communauté afro-descendante. Introspection mettant l’accent sur la contextualisation des œuvres plutôt que sur le retrait de celles-ci.


Dans cette démarche d’objectivation de l’histoire, j’aurais souhaité connaitre le suivi apporté à ces démarches initiées. Quel en est le résultat aujourd’hui ? Avez-vous poursuivi les démarches entamées avec les associations ? Qu’avez-vous réalisé ou que comptez-vous mettre en place ? La piste de plaques explicatives est envisagée. Quelle est votre position par rapport à cette option ? Avez-vous d’autres propositions ?


Derrière les revendications visant le passé colonial se cachent aussi des revendications visant à dénoncer des discriminations (emploi, logement,…) toujours bien présentes dans notre pays. Quelles mesures avez-vous mises en œuvre pour prendre ce défi à bras le corps dans notre ville ?


Je vous remercie.