Quels moyens pour la politique sociale à Namur?

Aujourd’hui, la majorité CDH-ECOLO-MR, ce fameux « trois mats », entre dans sa 14ème année de fonctionnement. Pour les Namurois, comme pour tout citoyen, un toit et un emploi sont des besoins fondamentaux. Quels constats pouvons-nous tirer à cet égard ?


A Namur, la politique du logement public stagne pendant que le parc immobilier privé et de standing s’accroît. Alors que la population est en nette croissance dans toutes les communes avoisinantes, elle n’évolue guère dans la ville capitale (avec la part des moins de 20 ans inférieure à la moyenne et la part des 65 ans et plus, supérieure à la moyenne de Wallonie). Quant au taux de chômage, il s’enlise et reste supérieur à la moyenne wallonne, avec une proportion totalement inacceptable d’1 jeune inactif sur 3 chez les moins de 25 ans !


Quels moyens pour la politique sociale à Namur ?


Un début prometteur en termes de cohérence et d’efficacité : la politique sociale est entre les mains d’une seule personne puisque le Président du CPAS est aussi l’Echevin des matières sociales. Nous l’avions réclamé de longue date pour de meilleures synergies entre ville et CPAS.


Comme ailleurs, la pauvreté gagne du terrain à Namur et les bénéficiaires du CPAS ont augmenté de 80% en 10 ans ! Les travailleurs sociaux croulent littéralement sous les dossiers, un accompagnement adéquat devient impossible au vu des besoins croissants. Il est nécessaire d’intensifier vigoureusement les synergies et d’augmenter la dotation, comme le personnel. 


Là où pourtant de nombreuses communes et grandes villes ont choisi de donner des moyens supplémentaires à cet outil essentiel que constitue le CPAS, la Ville de Namur a décidé de réduire la voilure ces dernières années. C’est inadmissible et surtout, le plan budgétaire quinquennal présenté s’annonce obsolète dans les deux ans déjà …


Les associations humanitaires et caritatives actives sur le terrain pour lutter contre la précarité révèlent les mêmes besoins en croissance forte et une explosion des chiffres de laissés pour compte. Or, la plupart des aides de la ville ne suivent pas le mouvement. Un seul exemple, le Resto du cœur a vu sa subvention revue à la baisse avec l’arrivée de la majorité jamaïcaine, il y a 13 ans. Depuis, aucune indexation, aucune nouvelle aide malgré l’urgence sociale.

Il est plus que temps d’accorder l’attention nécessaire aussi à ces opérateurs qui tissent - avec la Ville et le CPAS - ce filet de sécurité essentiel à la dignité humaine. Car il faut le constater, à l’heure d’écrire ces lignes où les deux abris de nuit affichent complets, la Ville ne peut plus assurer seule cette mission pourtant régalienne d’aide aux plus fragilisés.


Par ailleurs, nous nous réjouissons de l’initiative d’accueil des réfugiés sur le site de l’ancienne caserne de Jambes avec la Croix Rouge. Le projet a nécessité une préparation et un investissement sérieux pour la mise aux normes des infrastructures, le recrutement de personnel, la formation, l’expertise, les partenariats avec l’associatif, les réunions avec les riverains… pour ouvrir le centre pour une durée limitée à 18 mois. Les besoins étant toujours bien là, l’année 2020 verra-t-elle la prolongation de cette initiative solidaire à Namur ?