Réaction au traditionnel discours du Bourgmestre à l'occasion des fêtes de Wallonie


En réaction au traditionnel discours du Bourgmestre à l’occasion des fêtes de Wallonie, le PS namurois souhaite souligner les éléments qui suivent.


Un plan de relance post-covid : circuits-courts ou court-circuitage ?


Un plan de relance « inédit et ambitieux » est annoncé en soutien des secteurs et acteurs les plus impactés par la crise. Le plan sera présenté au Conseil communal du mois d’octobre prochain. Le PS a proposé en juin dernier un projet de plan de relance en faveur des Namurois, des commerçants, des secteurs associatifs, sport, culture etc. Notre proposition a été balayée d’un revers de la main par la majorité communale sans autre forme de procès.


Comme l’a exprimé le Bourgmestre dans son discours, « le meilleur moyen de ne pas subir l’avenir, c’est de le créer ensemble ». Pour que l’adage ne reste pas lettre morte, cette parole doit être suivie par des actes. Nous espérons cette fois que les Conseillers ne seront pas mis devant le fait accompli comme de coutume lorsque le Collège décide seul et impose sa décision à l’assemblée des élus communaux. Nous espérons qu’une véritable concertation pourra avoir lieu sur les objectifs poursuivis, le contenu du plan, sa répartition entre les secteurs et l’orientation des importants moyens financiers à dégager.


Une politique sociale possible sans nécessairement une dimension sécuritaire?


Les promesses de politiques sociales fortes dénotent par rapport au discours anti-mendicité. Comment imaginer un dispositif dense de soutien aux personnes vulnérables et dans le même temps parler de contrôle de police et de sécurité pour lutter contre la mendicité ? Ne plus accepter de seringues des toxicomanes sans évoquer le nécessaire renfort des services d’accompagnement et de l’orientation des personnes en addiction ? Exprimer que notre ville accueille la précarité venue d’ailleurs ne peut occulter que la pauvreté augmente aussi parmi les Namurois.es, notamment en raison des conséquences de la crise sanitaire : faillites de commerces ou d’indépendants, pertes d’emploi, réductions salariales, difficultés de surmonter l’épreuve et soucis de santé mentale… Sur quelles bases d’ailleurs, quels éléments objectifs prouvent que les sans-abris viennent d’autres villes ? Le regain de pauvreté est hélas une réalité.


Si on peut comprendre la peur de certains citoyens vis à vis de personnes en situation de grande précarité, le PS souhaite plutôt travailler sur l’accompagnement et la réinsertion plutôt que sur la répression. La pratique, dans d’autres grandes villes, montre que l’inclusion, la compréhension et l’accompagnement amènent davantage de résultats qu’une politique répressive.


Sécurité, des avancées et des quartiers oubliés !


La brigade spéciale urbaine était demandée de longue date, elle sera enfin sur pied… à pieds. Mais en évoquant le quartier de la gare, pas un mot pour l’arrière de la gare et le quartier de Bomel, l’éternel délaissé et coupé du centre-ville.


Bonne gestion financière depuis 12 ans ?


En reportant la charge de la dette sur la jeunesse, par ailleurs flattée dans le discours - elle « foisonne de projets, avec des valeurs … » ! - Cette même jeunesse paiera à l’avenir la facture de la politique bling bling qui veut transformer la ville avec un téléphérique, une gare de bus au-dessus de celle des trains et et autres bâtis aux « courbes généreuses » !

Des visites spéciales au pavillon numérique seront organisées pour les écoles. Bien, mais aucune mesure pour équiper les ménages en difficulté (achat groupé, prêt à taux zéro, mise à disposition via l’école de matériel informatique, tablettes ou portables).


La hausse des taxes, c’est vraiment quelque chose qui hérisse les citoyens au plus haut point. Plus de 10% d’augmentation pour la taxe déchets et égouttage, et on veut nous faire croire que c’est à cause des « barakis » qui feraient bien de garder en poche leur déchet plutôt que de le jeter à terre en rue ! En réalité, le coût augmente en raison de l’obligation de tri sélectif et du surcoût du traitement différencié pour éviter l’incinération de volumes trop importants.


Quand on voit d’autres villes, des politiques plus humaines existent :

· exonération des taxes immondices ;

· des primes communales de 5000 et 7500 pour aider les commerçants ;

· des chèques commerces locaux pour relancer l’économie pour chaque habitant (dans beaucoup de villes) ;

· etc.


Lancement d’un grand plan canopée !


Bruxelles et Liège notamment ont déjà lancé l’initiative. Planter 10.000 arbres d’ici 2030 ? Vu le nombre d’arbres déjà abattus ces 12 dernières années, c’est compréhensible et même urgent de replanter et rendre un peu de nature à notre ville. Pas un mot à propos du projet au square Léopold, qui semble à l’arrêt complet. Un endroit de verdure en plein cœur de ville, où se reposer à l’ombre… L’achat de terres agricoles pour du maraichage ? Et combien d’hectares ont été ou seront sacrifiés pour un P+R et un futur complexe hôtelier ?


Le financement de la zone de secours n’a pas été évoqué. Et pourtant, la province financera dorénavant le service en projetant par ailleurs une réforme de l’institution qui prévoit la suppression d’une douzaine de services à la population namuroise… silence intégral également sur la volonté de l’actionnaire provincial de laisser tomber l’hôpital public, dont le CPAS de Namur est pourtant également partie prenante !


Namur ville intelligente reste encore un slogan. Quand les données récoltées pourront elles servir pour améliorer la mobilité, le système de transport intelligent a pris énormément de retard dans sa mise en œuvre ! Ces données pourraient être utilisées intelligemment pour permettre la gestion des chantiers multiples, non coordonnées, en proposant des itinéraires alternatifs, en organisant et étalant les horaires de rentrée et sortie des écoles et administrations pour fluidifier les flux de circulation…


Enfin, la crise sanitaire, économique et sociale doit transcender les clivages politiques. Que fait Namur depuis tout ce temps pour relancer l’économie et le pouvoir d’achat des citoyens? Nous pourrions repartir de la proposition d’ébauche de plan de relance que nous avons portée au Conseil de juin avec l’objectif de prendre des mesures en faveur des gens, rapidement, plutôt que de vouloir engranger des voix.


Pour le groupe PS Namur,

Eliane TILLIEUX

Cheffe de file