Soutenir tous les étudiants sans discriminations

Mis à jour : 14 avr. 2019


Question d'Eliane à Monsieur Marcourt Monsieur Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche et des Médias.


Chers collègues, nous avons appris l’existence de cette mesure «phare» du gouvernement wallon grâce aux nombreuses publicités dans la presse.


Le gouvernement wallon a décidé d’octroyer, sous certaines conditions, 1 000 euros à tout étudiant qui envisage de louer un kot. Cette mesure, bien qu’en apparence fort sympathique pour les parents, est complètement discriminatoire.


D’abord, elle exclut les établissements scolaires, hautes écoles et universités, qui se situent sur le territoire de Bruxelles. Pourtant, de nombreux jeunes Wallons se rendent dans des institutions bruxelloises.


Ensuite, le critère du trajet, séparant le domicile à l’établissement, ne semble pas cohérent. Par ailleurs, pourquoi offrir 1 000 euros à des étudiants qui ne l’ont pas demandé et qui n’en ont pas besoin?


Ces 1 000 euros seraient beaucoup plus utiles à une famille mono-parentale où le parent travaille à mi-temps et l’enfant souhaite entreprendre des études.


Cette initiative, qui ne prend pas en compte le revenu du ménage, est inéquitable. Nous préférons largement le système de bourse d’études instauré par la Fédération Wallonie-Bruxelles.


À la suite de cette annonce, des personnes se sont prononcées sur le sujet, notamment le recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB), qui laisse transparaître combien la situation serait difficile si le dossier était régionalisé. L’exemple n’est pas idéal...


Monsieur le Ministre-Président, vous avez également réagi à la suite de la décision d’instaurer cette prime, arguant qu’elle enfreignait le libre choix de l’établissement dans lequel l’étudiant souhaitait étudier.


D’autres ministres-présidents ont également réagi, dont celui du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, pour souligner l’importance de tenir compte des établissements implantés sur le

territoire de la Région bruxelloise. La ministre bruxelloise du Logement s’en est également émue et a proposé une rencontre pour envisager une solution concertée.


Il semble que ces mesures n’aient pas fait l’objet d’une concertation préalable. Cela semble devenir une habitude au gouvernement wallon...


Avez-vous eu des contacts antérieurs, au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec vos homologues wallons pour discuter de cette mesure avant qu’elle ne soit validée? L’envisagerez-vous maintenant, compte tenu du fait que cette mesure est sur la table et largement connue du grand public?


De multiples voix, comme les fédérations étudiantes ou le recteur, se sont exprimées à ce sujet. Avez-vous reçu des avis officiels ou les sollicitez-vous pour tenter de fonder un argumentaire ou trouver des pistes de solution à l’amiable avec la Région wallonne?


Que proposez-vous pour rectifier le tir et définir une mesure non discriminatoire et équitable pour tous les étudiants francophones.


Réponse de Monsieur Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche et des Médias.


Depuis cinq ans, le gouvernement agit en ce sens. La révision des bourses des étudiants, par exemple, a permis de prendre en compte des critères comme le fait qu’un étudiant ait un kot ou encore qu’il vive à plus de 20 km de l’établissement dans lequel il étudie.


L’arrondissement de Charleroi donne le moins d’accès à l’enseignement universitaire.


Nous avons donc tenté de trouver des réponses à cette difficulté avec l’ULB, l’Université de Mons (UMons) et aujourd’hui l’UCLouvain.


En province de Luxembourg, cette situation problématique se présente également. Liège a donc développé le pôle «Arlon».


Nous avons instauré, avec Namur et Liège, des cursus à Marche, et l’enseignement en haute école y est de qualité.


Je me suis récemment rendu dans la province de Luxembourg et j’ai pu constater que des étudiants du Brabant wallon et de Bruxelles viennent y étudier.


Nous avons décidé de constituer un groupe de travail, en concertation avec le Parlement, pour analyser si nous pouvions améliorer encore la portabilité des bourses, notamment au Grand-Duché, mais pas seulement.


Comme l’a dit le ministre-président, si des étudiants boursiers souhaitent y effectuer leurs études, il ne faudrait pas les y empêcher en raison seule de la présence d’une frontière.


Lorsque j’ai appris la décision du gouvernement wallon, je me suis demandé quelle mouche l’avait piqué. Je me suis en effet demandé si cette décision a vraiment été réfléchie ou s’il y a eu simplement une volonté d’agir – je reconnais d’ailleurs là le combat de Josy Arens et ne doute pas qu’il y ait été pour quelque chose.


Mais il me paraît étonnant d’être à ce point en décalage avec la réalité du monde pour prendre la voiture et les embouteillages comme unique critère permettant de considérer qu’un étudiant vit à plus d’une heure de l’établissement dans lequel il étudie.


Tous les étudiants ne possèdent pas une voiture, sinon ils n’auraient pas besoin de bourse et n’auraient pas nécessairement besoin d’aide.


Certains sont obligés de faire l’effort d’acquérir une voiture parce qu’ils n’ont pas la possibilité de louer un kot.


Mais retenir le seul critère du temps de trajet en voiture et l’appliquer à l’ensemble des étudiants est contraire à l’esprit même de l’accès et aura un effet d’aubaine inouï.


Cela renforcera en effet l’attractivité de certaines universités situées à plus d’une heure du domicile par rapport à des universités plus proches, mais qui ne donneraient pas accès à cet avantage. Quelle est la cohérence de cette mesure?


Je ne la vois pas.


Toutefois, à ce stade, il importe d’agir.


Nous étions réunis ce matin en comité de concertation et la présidente de la Commission communautaire française (COCOF) a émis une remarque sur cette question. Le ministre-président, qui était présent, a dit qu’il était prêt à en discuter non seulement avec la Région bruxelloise, mais aussi avec la Communauté française.


Je viens d’apprendre que nous aurions été contactés à ce sujet par Mme De Bue, information que je vais vérifier.


Cependant, je n’ai pas le souvenir, ni en direct ni par l’intermédiaire de mes collaborateurs, d’avoir été contacté sur cette question.


Je crois que cette prime devrait être retirée parce qu’elle est impraticable, elle fait l’unanimité contre elle.


Pour M. Wolper, recteur de l’ULiège, elle est «asociale».


M. Englert n’a, lui, pas de mots assez durs. Il se demande pourquoi ceux qui étudient à l’ULB, qui accueille des étudiants venant de toute la Wallonie, n’y ont pas droit, alors que beaucoup de législations wallonnes ne font pas référence au domicile pour donner accès à des avantages, notamment dans le domaine social.


Plusieurs institutions, notamment dans le Brabant wallon, accueillent des personnes handicapées venant de la Région bruxelloise, sans que l’on ne trouve quoi que ce soit à redire.


Je trouve que c’est très bien ainsi et cela relève aussi de la solidarité, indépendamment du fait d’être ou pas régionaliste.


Toutefois, j’ai une solution. Le plus simple serait que la Région wallonne nous donne l’argent nous promettons de l'utiliser de l’utiliser de manière adéquate!