« Y a plus de respect dans la rue »

Lors du conseil communal du 18 février, le Chef de corps de la Zone de Police de Namur, Olivier Libois, a exposé le Plan Zonal de Sécurité pour 2020 - 2025 et a mis en exergue les 4 principales priorités, à savoir :


  • La sécurité routière : vitesse, conduite sous influence, GSM au volant, …;

  • Les stupéfiants : la vente et le trafic mais aussi la consommation problématique;

  • La criminalité de rue et les atteintes aux personnes;

  • La lutte conte les incivilités : propreté, nuisances sonores, stationnement, gestion de la vie nocturne, …


Dans son exposé, le Chef de corps a souligné qu’il fallait travailler sur la sécurité concrète mais surtout sur le sentiment d’insécurité qui règne dans notre ville.


Malgré les interventions fréquentes des policiers, des lieux du centre-ville comme la Place de la Gare, la rue Godefroid, le Parc Louise-Marie, les quais et les bords de Sambre n’inspirent pas toujours confiance et renforcent ce sentiment d’insécurité.


Au-delà des différentes observations et chiffres de la criminalité, plusieurs points ont retenu mon attention :


La sécurité routière


La sécurité routière est l’affaire de tou.te.s et respecter les règles de conduite permet de diminuer le nombre d’infractions et d’accidents. J’ai rappelé en séance du Conseil que nous devions être plus vigilant.e.s encore aux abords de nos écoles pour la sécurité des élèves et des parents. Certaines de nos écoles namuroises manquent cruellement d’aménagements (rues étroites, manque d’éclairage, pistes cyclables inexistantes, trottoirs trop étroits voire inexistants, absence de flux, etc).


Dans le contexte actuel de lutte contre le réchauffement climatique, la volonté de privilégier

les modes de déplacement doux (piétons, vélos, trottinettes, etc) doit être entendue. Dans ce cadre, les infrastructures existantes devront être adaptées. Les nouveaux projets devront en tenir compte dans leur déploiement. Nous avons insisté pour recourir plus largement aux radars préventifs pour réduire la vitesse aux endroits accidentogènes.


Le harcèlement scolaire


Nos écoles n’échappent pas au fléau du harcèlement scolaire, récemment renforcé par l’utilisation des messageries et des réseaux sociaux par les plus jeunes. Il y a peu, la presse a relaté le drame tragique d’une adolescente qui a mis fin à ses jours après avoir été victime de harcèlement dans son école. Inacceptable ! Nous devons, avec tous les acteurs de terrain (directeur.trice.s des écoles, enseignant.e.s, gardien.ne.s, hommes et femmes politiques et la police), trouver et mettre oeuvre des actions pour que de tels actes ne se reproduisent plus. Une campagne d’information serait utile pour conscientiser les familles à la dangerosité du phénomène et les victimes doivent sans hésiter porter plainte pour faire cesser les agissements.


Une police de proximité renforcée et revalorisée


Il faut souligner que la police fédérale, dans le contexte actuel et l’état de ses moyens, ne peut plus assumer l’entièreté de ses missions. Par conséquent, les polices locales doivent de plus en plus remplir ces dernières au détriment de leur travail de proximité et de prévention. Renforcer la présence policière en rue, dans les quartiers afin d’assurer un lien durable avec les citoyen.ne.s et ainsi favoriser le sentiment de sécurité sont des priorités. Finalement, il est important de renforcer le rôle de l’agent de quartier, premier acteur d’une politique préventive au plan local et témoin incontestable des difficultés du terrain, pour les relayer et agir en connaissance de cause.


L’importance de policier.e.s bien formé.e.s


Actuellement, le manque de personnel et la multiplication des missions empêchent certain.e.s policier.e.s de prendre part aux formations continuées. Le Chef de corps a promis d’y remédier et d’organiser des formations sur les questions du harcèlement en partenariat avec les acteurs associatifs locaux.


La lutte contre les incivilités


La délinquance n’est pas le seul phénomène qui nourrit le sentiment d’insécurité. Nuisances sonores, déchets à un mètre d’une poubelle, voitures garées sur le trottoir : ces incivilités perturbent la vie quotidienne des citoyen.e.s et détériorent la qualité de nos espaces publics. Namur, ville touristique, doit se mobiliser pour assurer un environnement accueillant et sûr à ses visiteur.se.s en luttant contre les infractions environnementales et les dépôts sauvages. Le Chef de corps s’y engage dans le plan zonal de sécurité, un partenariat avec le fonctionnaire sanctionnateur et les services de terrain.


La lutte contre les violences faites aux femmes


L’actualité récente a permis de dénoncer publiquement le harcèlement de rue ou dans les transports en commun. Comme l’interprète la chanteuse Angèle dans sa chanson :

« Un jour, peut-être, ça changera…

Y a plus de respect dans la rue,

Tu sais très bien quand tu abuses

Balance ton quoi ».


Pour contrer ces phénomènes de violences verbales ou physiques, une attention particulière y sera portée. Mais davantage encore, un Family Justice Center se met en place pour mieux réagir face aux violences intra-familiales en coordonnant l’action des services de police, de la justice, des services spécialisés et sociaux. Trop de femmes souffrent encore aujourd’hui sous les coups du conjoint violent… Unissons les forces pour apporter une réponse adaptée à chaque situation.


A titre personnel, je déplore que la lutte contre les violences conjugales ne figure pas parmi les priorités de la police et ne bénéficie plus de la tolérance zéro ! La sécurité est le premier service que nous devons aux citoyens. C’est une préoccupation majeure des Socialistes car l’insécurité touche d’abord les plus faibles et les plus fragiles d’entre nous : les enfants, les aînés, les moins nantis. Celles et ceux que la vie a malmenés doivent pouvoir compter sur la protection assurée par la société et la police en particulier.